Connaissez-vous l’île la plus silencieuse de l’archipel Jagolipette ? Niché aux confins brumeux de l’archipel perdu Jagolipette, Nivéa est une île à part. Ici, le froid ne mord pas : il apaise. Le silence ne pèse pas : il veille. Couvertes d’un manteau végétal givreux, ses forêts translucides semblent flotter hors du temps. Elles sont comme figées dans une éternelle aurore hivernale.
Nivéa est la plus mystérieuse des sept îles de Jagolipette. Elle est le refuge des traces oubliées, le sanctuaire des espèces effacées. Et surtout, elle est la dernière terre du Grandalbe, créature fabuleuse que le reste du monde croit disparue depuis des millénaires.
Aucune autre île ne partage cette particularité. Nivéa est le seul habitat connu du Grandalbe, un oiseau blanc de grande envergure. Il possède des plumes iridescentes et au cri semblable à un souffle. L’animal est invisible à l’œil distrait, car ses plumes reflètent la lumière. Cela lui permet de se fondre dans le ciel ou la neige.
Le Grandalbe n’est pas simplement un animal. C’est un symbole sacré de passage entre les mondes, entre le visible et l’invisible. On raconte qu’il apparaît uniquement aux voyageurs qui ont fait le deuil de quelque chose d’essentiel. Les anciens disent que lorsque le Grandalbe déploie ses ailes, il révèle les chemins oubliés du ciel.
Nivéa n’est pas une île que l’on explore, c’est une île que l’on ressent.
Elle ne livre rien à ceux qui cherchent, mais elle révèle tout à ceux qui se taisent.
Terre d’oubli, de réapparition et de grâce, elle rappelle à chaque âme que ce qui semble perdu n’est parfois que caché… sous une couche de givre.
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